statistiques La Gare-st-nazaire

La Gare du Tramway

De Bourg - de - Péage, à Saint - Nazaire

1894 - 1931

- L'intégralité de l'article du journal, le Petit Jacquemart, en date du jeudi 21 mars 1901

- Deuxième arrêt : Pizançon ! Le train s'arrête au centre du village ; une station qui sera joliment fréquentée par les beaux jours ensoleillés. Et les promeneurs, pour se tendre à leur restaurant préféré, n'auront pas grand chemin à suivre, le jardin très fréquenté du "père Brunat" est tout proche, on l'aperçoit, au passage, avec ses tonnelles sous lesquelles, l'été retentissent tant de rires, s'échangent tant de joyeuses plaisanteries. Mais le tram déjà s'est remis en marche ; le voilà, maintenant, qui enfile la descente de Canard. Au bas, après le pont, troisième arrêt : le Papelissier. Bien qu'obligé de repartir au pied d'une côte, le tram démarre sans effort. Il file, rapide, sur le Martinet, abandonnant, quelques cents mètres avant d'y arriver, la route, pour s'enfoncer dans une tranchée profonde qui semble le conduire tout droit, à l'Isère.

- On stoppe ; c'est l'abri de Meymans. A partir de ce point, la ligne côtoie de si près la rivière que, par moment, on s'aperçoit, à pic, ses eaux rendues plus boueuses qu'à l'ordinaire par une semaine d'averses diluviennes. Cela ne manque, ni de pittoresque ni d'intérêt. Aucun arrêt jusqu'à L'Ecancière. Pourtant, au lieu dit Les Combes, aboutit un chemin qui dessert le populeux quartier des Thiolets susceptible d'amener, à la nouvelle ligne les jours de marché, surtout, un nombre respectable voyageurs. Signalé à la bienveillante attention de la Cie.

- Le tracé de la voie pour éviter la côte éreintante de l'Ecancière, a été fait d'une manière intelligente ; le regret unanime est qu'il n'ait pas été suivi par les ponts et chaussées. Deux ou trois cents mètres avant le détour qui précède le pont de Cernes, où commence la rude montée, la ligne oblique à droite et commence à gravir le coteau avec un pente relativement douce pour revenir à la route au sommet, près du pont existant sur le canal de la Bourne. Un viaduc a été construit pour le passage de la combe de Cernes. Sa différence d'altitude avec la route en contre bas fait apprécier de visu l'avantage du tracé suivi par le tramway. Celui-ci gravit aisément la pente qui a son maximum atteint trois centimètres par mètre.

- L' Ecancière possède une gare dont M. Orard, cafetier, est le chef et qui, par sa situation est appelée à avoir un trafic important. Simples arrêts aux Fauries, à l'embranchement de la route de la Beaume-d'Hostun, à St-Hilaire-St-Nazaire, c'est-à-dire au débouché du pont qui conduit à la gare de la ligne Valence-Grenoble et que, pour éviter toute confusion, avec la station suivante, nous proposons d'appeler St-Hilaire-St-Nazaire P.L.M.

- La voie, dès qu'elle arrive au détour où se montre, soudain un tableau peu banal, avec un fond de montagnes, digne d'une féerie de l'aqueduc aux arches gigantesques, enjambant l'agglomération principale de Saint-Nazaire, passe sur la gauche de la route, et longe la côte abrupte au bas de laquelle coule la Bourne.

A Saint-Nazaire :

- L'établissement du tramway a entraîné une transformation totale de ce village qu'on a littéralement éventré pour l'ouverture d'une splendide avenue qui s'ouvrant après le petit pont voisin de l'hôtel Poudret bien connu des amateurs de bonne cuisine et des touristes aboutit à l'ancienne route de la Motte. On a remblayé et nivelé un espace immense. Un pont, de belle allure, a été jeté sur ce qui fut la grande rue, cette rue se termine en face de l'hôtel Clot rendez-vous des gourmets au pont de la Bourne, à la sortie de Saint-Nazaire et sur le Ruisseau Rouge, ainsi nommé parce qu'il charrie de la terre de cette couleur, les jours d'orage, tel un ruisseau de sang.

- Le service vicinal a contribué largement à cette grosse amélioration qui donne une activité profitable à la route de la Motte, délaissée naguère, en raison de son étroitesse invraisemblable dans la traversée de Saint-Nazaire. Les habitants, sur le pas de leur porte ou sur la place, examinant curieusement le tramway auquel ils ne sont point accoutumés encore. Les gracieuses et accortes "fabricantes", à l'air provoquant, sont au premier rang.

- Les braves gendarmes, eux-mêmes, de la cour de leur caserne, regardent ce spectacle nouveau pour tous ce qui ne les empêche pas, du reste, d'exécuter entre temps, avec l'ensemble, des exercices de maniement d'armes. De la gare à l'extrémité de l'avenue, on a vu sur le derrière des maisons très vieilles et très bizarrement construites, qui s'échelonnent contre la montagne et qui présentent un aspect si baroque qu'aucune description ne saurait en donner une idée. C'est là que s'opére le croisement des trains circulant ensemble, sur la ligne....